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argumentaire:biodiversite

Biodiversité

Généralités

Les enjeux liés à la biodiversité sont particulièrement importants, puisque le projet de déviation traverse une zone extrêmement riche sur le plan écologique. Cette richesse transparait dans les multiples statuts de protection déjà en place : Patrimoine mondial de l’UNESCO, classement Natura 2000, Zone Spéciale de Conservation, Zone de Protection Spéciale, Zone d’importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) « Vallée de la Loire – Orléanais », Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de types 1 et 2.

En outre, le Conseil National de Protection de la Nature, dans son avis sur le projet, souligne la richesse de cette section de la Loire moyenne et recommande la mise en place des régimes de protection les plus contraignants : arrêté de protection de biotope, réserves naturelles régionale et nationale.

Espèces protégées

Les enjeux plus spécifiques aux espèces protégées tournent principalement autour des chauves-souris, des amphibiens, des reptiles, des oiseaux, de certains insectes et de plantes protégées. Certaines espèces ont fait l’objet d’une demande de dérogation. C’est le cas des chauves-souris et des amphibiens. Les mesures de compensation prévues ne semblent pourtant pas en mesure de remédier aux destructions, en particulier pour les chauves-souris. Le bois de Latingy constitue en effet un milieu particulièrement favorable, abritant au moins dix espèces différentes de chauves-souris, ce qui s’explique par sa richesse en vieux arbres et par sa situation en bord de Loire. Or, les chauves-souris constituent un enjeu de protection majeur : l’Office National de la Biodiversité a montré que leurs populations avaient diminuées de 38 % entre 2006 et 2016 en France.

D’autres espèces protégées n’ont même pas fait l’objet d’une telle demande. C’est le cas des reptiles, des insectes, des oiseaux. Pour ces espèces, le département prétexte qu’elles disposent « d’une bonne capacité de report dans les milieux adjacents ». Or, cet argument est sans aucune valeur scientifique (aucune étude n’ayant été réalisé pour caractériser l’état écologique de ces milieux et donc leur capacité à accueillir des individus réfugiés issus des milieux détruits). De plus, une argumentation semblable a déjà été considérée comme insuffisante dans un avis de l’Autorité environnementale, en ce qu’elle ne permet pas de garantir l’objectif légal d’une absence de perte de biodiversité.

C’est également le cas d’une plante, la Pulicaire vulgaire, jolie fleur jaune des sables de Loire, protégée au niveau national et européen. Une station de cette plante a été identifiée sur le tracé de la route, ce qui entraînera inévitablement sa destruction. Pourtant, cette plante est absente des demandes légales et des mesures environnementales prévues par le département.

Enfin, de nombreuses espèces sont tout bonnement absentes de l’inventaire réalisé par le département. C’est le cas en particulier des nombreuses espèces d’oiseaux nicheurs, pourtant inventoriés sur le secteur par des ornithologues et des associations de protection de la nature, et parmi lesquelles figurent des dizaines d’espèces protégées (Sterne naine, Sterne pierregarin, Martin Pêcheur, Petit Gravelot, Aigle botté, Cigogne noire, Canard souchet, Faucon hobereau, Chevalier guignette, Pic cendré, …) qui sont absentes du dossier adressé au Conseil National de Protection de la Nature, qui n’a d’ailleurs pas manqué de s’en étonner.

Le projet entraînera donc la destruction directe et indirecte de nombreux individus des espèces concernées pendant les travaux, mais également lorsque la route sera mise en service. Des études scientifiques ont pourtant montré l’impact des routes dans la mortalité de nombreuses espèces animales, en particulier les chauves-souris, les reptiles et les amphibiens, et ce même en présence d’aménagement tels que ceux prévus par le département (tunnels à amphibiens par exemple).

Habitat et corridors écologiques

Outre la destruction directe d’individus, des habitats riches seront également détruits et fragmentés par le projet.

C’est le cas au nord de la Loire des boisements des Comtesses et de Latingy. Dans les deux cas, il s’agit de bois anciens, n’ayant pas subi les ravages de l’exploitation forestière industrielle. Ils comptent notamment de nombreux vieux arbres et surtout un sol bien structuré et riche en humus. Ce type de conditions écologiques sont le produit de centaines, voire de milliers d’années d’accumulation et de décomposition de la matière organique. Ils jouent un rôle majeur sur les plans de la fertilité et de l’accueil de la biodiversité, mais possèdent aussi des fonctions essentielles de puits de carbone et de régulation hydraulique. Ces fonctions sont impossibles à compenser, dans la mesure où la reconstitution d’équilibres analogues est extrêmement longue. Si l’on replante des arbres comme prétend le faire le département afin de compenser ces destructions, il faudra un à deux siècles pour que la futaie se reconstitue, et au moins quatre à cinq siècles pour ce qui est de la richesse humique du sol. Sans parler du tissu complexe de relations écologiques qui s’établissent dans de tels milieux, et que nous sommes rigoureusement incapables de quantifier et donc de compenser. Pour plus de détails à ce sujet, voir la page sur la compensation.

Face à de telles échelles temporelles, nous devons nous demander s’il reste encore assez de « cheap nature » (au sens d’espaces naturels riches et abondants) pour nous permettre de commettre ainsi de nouvelles destructions irréparables.

En outre, le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) identifie clairement un corridor écologique important et à protéger.

Celui-ci traverse le Val et la Loire pour rejoindre les boisements de la rive nord, et sera rompu par la construction de la route et du pont, alors que de nombreuses lois, décrets, règlements et études scientifiques, en particulier suite aux deux Grenelle de l’environnement, ont identifié la nécessité absolue de protéger la continuité de ces corridors, à travers le réseau des trames vertes et bleues. De plus, de nombreuses études ont montré l’impact mortifère des infrastructures routières sur la circulation de la petite et de la grande faune, faisant clairement des routes l’une des menaces principales qui pèse sur la continuité écologique, et donc sur la possibilité pour les espèces animales de se déplacer.

Documents

En savoir plus

Espèces protégées

Documents réglementaires régionaux

argumentaire/biodiversite.txt · Dernière modification: 2019/11/27 19:45 par alanig