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Zones humides

Généralités

Les zones humides constituent un enjeu écologique et environnemental majeur, consacrée par des textes internationaux, européens, nationaux et locaux, de la convention RAMSAR jusqu’aux Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux. Leur protection est d’autant plus urgente que plus de 50 % des zones humides de France métropolitaine ont été détruites entre 1960 et 1990. Ces zones cumulent des fonctions hydrauliques (régulation des crues et des ruissellements de surface, maintien des nappes phréatiques), épuratrices (dépollution naturelle des eaux) et écologiques (de nombreuses espèces végétales et animales sont inféodées aux zones humides).

De plus, de nombreuses zones humides ordinaires, c’est-à-dire n’appartenant pas à de grands ensembles bien identifiés comme la Camargue ou le marais poitevin, n’ont pour le moment pas fait l’objet d’une attention et d’une protection suffisante. C’est pourquoi chaque mètre carré de zone humide compte et doit être protégé.

Des bois au Val : des hectares de zones humides oubliées

Le projet de déviation de Jargeau a fait l’objet d’une procédure dite « Loi sur l’eau », dans laquelle le département a déclaré avoir identifié 0,4 hectare de zones humides qui seront détruites par le projet et qui devront donc faire l’objet de mesures de compensation.

Pour déterminer la présence d’une zone humide, on utilise deux types de critères alternatifs : la végétation (présence d’espèces hygrophiles) ou le sol (présence de traces pédologiques caractéristiques de la présence d’eau). Pourtant, le département n’a procédé à aucun prélèvement de sol : son étude des zones humides se base seulement sur une cartographie des grands types de végétation (méthode Corine Biotope), ce qui n’est pas suffisant pour s’assurer de l’absence d’autres zones humides sur le tracé.

Et en effet, après une enquête complémentaire que nous avons réalisé à partir de l’inventaire des zones humides réalisé par le SAGE Val-Dhuy-Loiret et de nouvelles études de sol, nous avons identifié avec certitude 2 hectares de zones humides supplémentaires sur la commune de Sandillon, au sud de la Dhuy, qui n’ont pas été prises en compte et qui seront pourtant détruites par le projet. Cela constitue une illégalité manifeste que nous allons attaquer devant le tribunal administratif.

En outre, d’autres sites sont susceptibles d’abriter des zones humides, en particulier les Boires et le sud du bois de Latingy. Leur absence du dossier « Loi sur l’eau », en tant que zones humides avérées, est d’autant plus étonnante que ces zones sont identifiées, dans les cartes de végétation produites dans le cadre de l’étude d’impact, comme abritant une végétation caractéristique des milieux humides. Nous allons procéder prochainement à des études de sol sur ces zones avant de confirmer l’existence d’autres zones humides oubliées.

En l’état de nos recherches, le projet détruira donc au moins 2,5 hectares de zones humides, dont 2 hectares ne font l’objet d’aucune mesure de compensation… Bref, touche pas à ma zone humide !

Des mesures compensatoires dérisoires

Qui plus est, même pour les zones humides identifiées, les mesures compensatoires apparaissent dérisoires. Le département pousse le vice jusqu’à considérer les fossés de ruissellement qui borderont la route comme des mesures compensatoires, susceptibles de constituer des habitats pour les amphibiens ! C’est évidemment une absurdité tant au niveau de la pollution de ces fossés par les eaux de ruissellement, qui seront forcément chargées en hydrocarbures, qu’au niveau de leur emplacement au bord d’une infrastructure qui constitue avant tout une machine à écrabouiller les grenouilles.

Les autres mesures compensatoires prétendent recréer de nouvelles zones humides pour compenser les destructions. Or, de nombreuses études scientifiques (Barnaud & Coïc, 2011) ont montré que la grande majorité des mesures consistant à recréer des zones humides sur des terrains n’ayant jamais présenté de caractère humide ne sont pas pérennes. Pour le dire autrement, le CD45 prétend donc remplacer des zones humides naturelles, fonctionnelles, autonomes, ne nécessitant aucun entretien, par des zones humides artificielles dont la pérennité n’est pas assurée et dont on peut douter qu’elles fourniront la même résilience et les mêmes fonctionnalités écologiques, hydrauliques et épuratrices que les zones détruites.

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argumentaire/zones_humides.txt · Dernière modification: 2019/11/27 17:17 par alanig